C’est bel et bien une réalité. Le SLS (Sodium Lauryl Sulfate), comme la majorité des détergents, peut provoquer des irritations.
Qu'entend-on par "irritant" ?
Un irritant est une substance qui peut causer de l'inconfort, comme des démangeaisons, des rougeurs ou une sensation de sécheresse cutanée. Dans la plupart des cas, les effets des détergents irritants sont temporaires, durant de quelques minutes à moins d’une heure. Toutefois, une minorité de personnes peuvent présenter des réactions plus sévères.
Pourquoi les détergents sont-ils irritants ?
Le SLS agit en éliminant l’huile naturellement présente sur la peau et les cheveux. Cette huile forme une barrière protectrice : une fois retirée, la peau devient plus vulnérable à la déshydratation. Cette perte d’hydratation peut entraîner une sensation de sécheresse, qui cause des démangeaisons et, par conséquent, des rougeurs.
Cette irritation est-elle dangereuse ?
En général, non. L'irritation n’est pas nocive en soi : elle sert surtout de signal indiquant que la peau manque de sa couche protectrice de lipides, ce qui vous pousse à appliquer une crème ou une huile pour réhydrater.
Des recherches menées sur la peau ont montré que la barrière lipidique est temporairement altérée, mais que cela n'empêche pas les cellules cutanées de se régénérer et de se développer normalement (Archives of Dermatological Research, pp. 615-620, 1998).
Dans quels cas l’irritation peut-elle devenir problématique ?
Les yeux, étant particulièrement sensibles, peuvent réagir plus fortement. Par exemple, le gaz libéré lorsqu'on coupe un oignon peut provoquer des larmes. De même, le SLS peut aussi faire pleurer, mais s’il reste en contact prolongé avec l’œil, il peut aller jusqu’à endommager sa surface. C’est pourquoi, lors de l’utilisation de tout type de shampoing – qu’il soit sans sulfates, formulé "sans larmes" ou même un simple savon – il est préférable d’éviter tout contact avec les yeux et de rincer abondamment en cas de projection.
Le SLS peut devenir très agressif pour la peau lorsqu'il est utilisé à des concentrations élevées, comme celles employées en laboratoire (et non dans les shampoings du commerce). Ne pas bien rincer un produit contenant du SLS peut également entraîner des irritations importantes.
Comment limiter les irritations ?
La méthode la plus simple consiste à appliquer une huile sur la peau avant et juste après le shampoing.Les shampoings de qualité testés en laboratoire intègrent aussi des mécanismes sophistiqués pour réduire l’irritation : ajustement du pH, association de différents tensioactifs, contrôle de la taille des molécules, et ajout d’agents anti-irritants spécifiques (J. Soc. Cosmet. Chem., pp. 667-679, 1977).
À noter : La cocobétaïne (également appelée cocoamidopropyl bétaïne) est un substitut couramment utilisé au SLS, mais elle peut elle aussi provoquer des irritations cutanées. Comme le SLS, elle est susceptible de causer une dermatite de contact (Contact Dermatitis, pp. 419-422, 2006).
En réalité, tous les tensioactifs conçus pour dissoudre les huiles naturelles de la peau présentent un risque potentiel d’irritation. L’irritation n’est donc pas tant due à l’ingrédient lui-même, mais plutôt à son effet sur la peau : lorsqu'une substance élimine ou réduit la couche huileuse naturelle, cela entraîne une perte d’eau, ce qui provoque une sécheresse cutanée et, par conséquent, une irritation.
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Il est souvent dit, à tort, que les shampoings contenant du SLS sont néfastes pour les cheveux, en particulier pour les cheveux bouclés. En réalité, tout dépend de la formulation du produit.
À noter : la présence de mousse ne signifie pas nécessairement que le produit est plus agressif. De nombreux tensioactifs doux, même sans SLS, produisent une mousse abondante.
En fait, la mousse résulte davantage de l'interaction entre le tensioactif et l’air que de son pouvoir nettoyant réel.